Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?
Je suis Tamini Clarisse, présidente des Femmes RHDP du département de Toumodi et leader d’opinion. Je
milite depuis des années pour la promotion et l’autonomisation des femmes. J’ai fondé l’association
Talouaba afin d’améliorer leurs conditions de vie. Je suis fière d’être fille de Toumodi, une ville qui a
toujours honoré ses femmes et vu naître de grandes personnalités féminines.
Que représente pour vous la Journée internationale des droits de la femme ?
Le 8 mars n’est pas une fête, mais un moment de réflexion. C’est l’occasion de mesurer les progrès
réalisés et les défis à relever. En Côte d’Ivoire, des avancées législatives importantes existent :
reconnaissance de la femme comme cheffe de famille, sanctions contre les violences, droit au travail et
accès aux fonctions politiques. Mais les lois doivent s’accompagner d’un changement de mentalité. Cette
journée doit renouveler notre engagement.
La femme africaine jouit-elle de ses droits fondamentaux ?
Pas encore, et pas partout. Beaucoup subissent mariages forcés, mutilations, exclusions ou interdictions
de travailler. Certaines n’osent pas dénoncer les violences ou briguer des postes par crainte des préjugés.
Toumodi reste une exception, avec une longue tradition de valorisation des femmes. Je rends hommage à
ma mère, reine mère et première sénatrice de la région, ainsi qu’aux nombreuses figures féminines de
notre ville. Je salue aussi la politique volontariste du Président Alassane Ouattara en faveur du genre.
Quelles sont, selon vous, les clés de l’émancipation réelle des femmes ?
Quatre piliers sont essentiels : Éducation – une femme instruite est libre. Indépendance économique – un
revenu propre permet de dire non. Lutte contre les violences – elles doivent être dénoncées et
sanctionnées. Représentation politique – la présence des femmes aux décisions transforme les politiques
publiques.
Quel message adressez-vous aux femmes africaines ?
Mes sœurs, vous êtes la colonne vertébrale de l’Afrique. Osez vous affirmer, prendre la parole et occuper
votre place. À celles qui souffrent en silence, je dis : brisez ce silence, dénoncez. Ensemble, nous pouvons
changer nos destins et ceux de nos enfants.
Quel appel lancez-vous aux autorités ?
Je demande des actes concrets : Renforcer et appliquer les lois contre les violences. Investir massivement
dans l’éducation des filles, surtout en zone rurale. Créer des mécanismes financiers accessibles pour
soutenir les entrepreneures. La promotion de la femme n’est pas une faveur, mais une condition
indispensable au développement de nos nations.
Joyeuse Journée du 8 mars à toutes les femmes d’Afrique et du monde entier. «
Mienmo
