À Kahankro, village de la commune de Toumodi, la rumeur d’une prochaine exploitation aurifère a
provoqué un vif émoi. Pancartes annonçant l’orpaillage et témoignages de riverains ont confirmé
l’existence d’un projet qui suscite une opposition quasi unanime. Chefs de famille, notables, jeunes et
femmes rejettent l’orpaillage, qu’ils associent à la violence, la prostitution, la drogue, la délinquance et la
pollution des eaux. « Nous ne voulons pas de l’orpaillage ici », martèle Gbro Konan Ambroise, porte-
parole de la famille Akoua Boni. Les habitants rappellent que dans les villages voisins, ceux qui ont cédé

leurs terres regrettent amèrement. Pour René Kouamé Koffi, ancien fonctionnaire et Commandeur de
l’Ordre de l’Éducation Nationale, l’orpaillage menace l’héritage agricole transmis par Houphouët-Boigny :
« Le succès de ce pays repose sur l’agriculture. » Les habitants craignent la perte des terres fertiles et
l’empoisonnement des eaux, compromettant l’avenir des jeunes. Le président des jeunes, Kouadio
Vincent, affirme que Kahankro utilisera tous les moyens légaux pour empêcher l’installation des
orpailleurs. Il appelle à l’appui des autorités, juristes et forces de sécurité pour protéger le village contre «
la maladie, la drogue et la destruction des terres ». Malgré quelques individus accusés de vouloir attirer
les orpailleurs, la grande majorité des habitants de Kahankro reste catégorique : « NIET à l’orpaillage ». Le
village entend préserver ses terres, sa cohésion sociale et son avenir.
Mienmo
