Sous le ciel éclatant de Bingerville, cité historique empreinte de mémoire et de traditions, le Cokotcha
Festival 2026 a connu, le mercredi 15 avril 2026, un épilogue à la hauteur de ses ambitions. Après trois
jours d’intense ferveur culturelle, la cérémonie officielle de remise des récompenses est venue consacrer
les talents et donner tout son sens à l’engagement pris par les organisateurs. Dans un cadre à forte
portée symbolique, autorités administratives, chefs de communautés, partenaires et festivaliers se sont
réunis pour clore l’événement avec solennité et élégance. Ici, loin du tumulte des spectacles, l’essentiel se
jouait autrement : dans la reconnaissance du mérite et le respect de la parole donnée. « Au Cokotcha, la
fête ne s’arrête ni à la musique ni aux danses. Elle se prolonge dans la reconnaissance concrète du mérite
», a souligné le Commissaire général, Assemien Ahin Jean. Une déclaration qui résume l’âme du festival :
un espace où les promesses ne restent pas symboliques, mais se traduisent en actes. La cérémonie s’est
ouverte par l’allocution de Lancina Binate, représentant des chefs de communautés de Bingerville, qui a
rappelé avec justesse l’importance de la transmission des valeurs culturelles et du respect des fondements
coutumiers. Durant près d’une heure, le programme s’est déroulé avec sobriété et précision : appel des
lauréats, remises de distinctions, photos officielles et interventions brèves, mais riches de sens. Un rythme
maîtrisé, sans artifices, qui a laissé toute sa place à l’essentiel. Dans un premier temps, tous les
participants non primés, ont été honorés par des enveloppes d’encouragement, illustrant l’esprit inclusif
du festival. Le moment le plus marquant est intervenu avec la distinction du Couple Sèboi/Biéboi,
catégorie emblématique de la culture atchan. Bien au-delà d’un concours, cette récompense célèbre

l’harmonie, l’élégance et l’incarnation des valeurs traditionnelles. Les lauréats ont reçu des prix concrets
téléviseur et congélateur ainsi qu’une récompense exceptionnelle : un séjour entièrement pris en charge
à Mondoukou, offert par Amanat Hôtel & Village. Une initiative innovante, à la croisée de la culture et de
l’écotourisme, appelée à se prolonger lors de la conférence-bilan du festival. Autre temps fort, le Prix
Gbokra de l’Art de la Parole est venu rappeler la place centrale du verbe dans les sociétés africaines.
Inspirée de la figure de Gbokra Djoman Paul, cette distinction honore celles et ceux qui excellent dans
l’art de dire, de transmettre et de rassembler. Le lauréat s’est vu attribuer un ordinateur, symbole d’un
pont entre tradition orale et outils contemporains. Au total, les récompenses attribuées traduisent un
équilibre assumé entre reconnaissance symbolique et utilité concrète : équipements électroménagers,
matériel informatique, enveloppes financières et encouragements pour tous. Un choix qui reflète la
volonté des organisateurs de soutenir durablement les talents. La cérémonie s’est achevée dans une
atmosphère mêlant solennité et convivialité. Remerciements aux partenaires, aux chefs de communautés
et aux participants ont précédé la traditionnelle photo de famille, capturant des instants de fierté
partagée et d’espoir. Plus qu’un simple rendez-vous culturel, le Cokotcha Festival s’affirme, édition après
édition, comme un véritable carrefour entre tradition et modernité. Un espace où la culture se vit, se
transmet et s’engage.
NK
