« Mon utérus a été enlevé », premier pas littéraire d’un commando forestier

Bouna – Le sergent Drissa Fofana, commando forestier de l’Office ivoirien des Parcs et Reserves (OIPR) vient de publier sa première œuvre littéraire, un roman intitulé  »Mon utérus a été enlevé ».

L’œuvre parue aux Nouvelles éditions Balafons est une fiction biographique de 121 pages dont la trame est axée autour d’une jeune lycéenne, Fatima Bamba, un personnage en proie aux folies de l’adolescence marquées par la volonté maladive de paraître à la mode, les aventures sexuelles à tout vent et bien d’autres démesures.

Dans ce récit rétrospectif, Fatima relate quelques courtes joies, mais reste engloutie par l’amer souvenir de déboires l’ayant menée dans un véritable désarroi, au point de ne plus jamais avoir la chance d’enfanter.

Si on lui a enlevé l’utérus, c’est parce qu’elle a manqué de repère familial, livrée à elle-même dans une famille recomposée, dont le chef, son père, est toujours parti pour les exigences professionnelles. C’est aussi parce que son école a sombré dans un laxisme indicible, permettant à la « fashion gang » un groupe de filles délurées, indisciplinées et prétentieuses, d’étendre des tentacules pour la happer, elle, Fatima, une élève pourtant studieuse.

Enfin, c’est encore parce qu’elle a été capturée dans les serres des mondanités qui enivrent toutes les adolescentes comme elle.

L’œuvre se veut donc un appel à la responsabilité collective et individuelle dans la gestion des adolescents surtout dans la cellule familiale, puis à l’école et dans la rue.

Selon l’enseignant, journaliste, dramaturge et critique d’Art, Natem Oulaï, « la récurrence de cette thématique aujourd’hui dans la littérature ivoirienne est la preuve tangible que la société est souffreteuse de maux pernicieux qui la rongent, à savoir la démission parentale et l’avènement des modes obscènes malheureusement adulées par les adolescentes ».

Toutes ces réalités touchées du doigt dans un style fluide, dépouillé d’abscondité et d’envolées lyriques, amènent le rewriter-critique littéraire Jean-Jacques Benien, à souligner que pour sa première œuvre littéraire, Drissa Fofana « surprend agréablement ».

Né le 30 mai 1984, Drissa Fofana a fait son entrée en 2014 dans le corps des Eaux et Forêts. Deux ans plus tard, après une formation au centre d’instruction commando de Kafolo, il en sort avec le diplôme de lutte anti-braconnage. Il est par ailleurs artiste musicien membre du groupe  »Les Rangers”, une formation musicale de commandos forestiers ayant choisi la musique zouglou comme vecteur de sensibilisation à la préservation de l’environnement.

kn

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