C’est dans le monde du journalisme que Benjamin Mkapa a commencé sa carrière à l’âge de 24 ans. Pendant une quinzaine d’années, il a occupé le poste de rédacteur en chef dans plusieurs journaux tanzaniens, avant d’être engagé par le tout premier président du pays, Julius Nyerere, comme son responsable presse.Après cette première expérience, Benjamin Mkapa enchaîne les fonctions haut placées : ministre des Affaires étrangères, ambassadeur aux États-Unis, ministre des Sciences et de l’Enseignement supérieur. En 1995, il représente le parti au pouvoir lors de la première élection multipartite du pays et devient le troisième président de la Tanzanie.Élu une deuxième fois en 2000, ses dix années au pouvoir seront marquées par la libéralisation de l’économie de son pays qui s’était d’abord tourné vers le socialisme à l’indépendance. Après ses deux mandats, Benjamin Mkapa s’engage dans des missions diplomatiques en Afrique.Il participe notamment à la médiation organisée en 2008 par Kofi Annan, le secrétaire général des Nations unies de l’époque, pour résoudre la grave crise électorale au Kenya.Sa dernière mission sera au Burundi, en 2016, où l’ancien président tanzanien mène, sans succès, des concertations entre l’opposition en exil et le parti au pouvoir.

John Magoufouli, l’actuel président, a décrété un deuil national de sept jours. Ce vendredi matin, les premiers hommages internationaux ont salué la mémoire de l’ancien chef de l’État. Le chef de la Commission de l’Union africaine, Moussa Faki Mahamat, a salué un « infatigable artisan de la paix en Afrique de l’Est ». C’est « un géant » que l’Afrique a perdu selon Raila Odinga, le chef historique de l’opposition au Kenya.