La campagne électorale est comme souvent agitée en Guinée, avec plusieurs morts recensés, dont un fin septembre à Dalaba (centre), bastion de M. Diallo, dans des troubles lors d’un déplacement du Premier ministre Ibrahima Kassory Fofana, directeur de campagne de  M. Condé, candidat à un troisième mandat controversé.

Le cortège de M. Diallo a été bloqué sur la route par des jeunes partisans du chef de l’Etat, à environ 70 km au sud-ouest de Kankan.

« C’est le ministre de l’Administration du territoire, Boureima Condé, qui a pris des dispositions pour nous empêcher d’aller à Kankan où notre candidat Dalein Diallo devrait animer un meeting », a accusé Alfa Boubacar Diallo, membre de la cellule de communication de son parti.

« Le pouvoir a instrumentalisé des jeunes dans des minibus pour nous barrer la route à l’aide de ces véhicules, des troncs d’arbre et autres gros cailloux au nez et à la barbe des forces de l’ordre qui n’ont rien pu faire pour qu’on puisse continuer notre chemin », a-t-il dit.

Le ministre de la Sécurité Albert Damantang Camara interrogé par l’AFP s’est dit « au courant que le cortège de Cellou Dalein Diallo a été bloqué ». « Mais je réfute les allégations incriminant les forces de l’ordre, notamment la police », a-t-il ajouté.

« Nous avons préféré faire demi-tour pour éviter un bain de sang et pour la paix sociale dans ce pays, mais cela ne saurait être le cas à tout moment », a déclaré pour sa part Cellou Dalein Diallo.

Le directoire national de campagne du parti au pouvoir a déploré dans un communiqué « cet incident malheureux », mais rappelé « les graves violences enregistrées » selon lui lors de la tournée électorale de M. Fofana dans le centre du pays.

Il appelle les candidats à « éviter tout propos et tout acte susceptibles d’entraîner des réactions regrettables, sous forme de représailles et de règlements de comptes aveugles ».

Ancien opposant historique, M. Condé, 82 ans, premier président démocratiquement élu en 2010 après des décennies de régimes autoritaires en Guinée, a été réélu en 2015 pour un second mandat.

Il a fait adopter, lors d’un référendum contesté en mars, une nouvelle Constitution. Lui et ses partisans arguent que ce changement de loi fondamentale remet à zéro le compteur des mandats et lui permet de se représenter.

Ses adversaires dénoncent un « coup d’Etat constitutionnel ». Des dizaines de civils ont été tués lors de heurts au cours des manifestations contre une nouvelle candidature de M. Condé depuis octobre 2019.

Source: AFP